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Bien. Maintenant que nous voilà débarrassés de l’harassante période des célébrations et des beuveries qui éloignent de la lecture solitaire et quoiqu’il reste encore la très surjouée Saint-Sylvestre, nous allons pouvoir parler un peu sérieusement. Et donc parler de canidés. Fait rare dans ces pages (un seul article que vous retrouverez ici) en dépit de la passion que nous nourrissons pour cette espèce infiniment plus sagace que celle féline. Et nous ne dirons rien de l’humaine, nous serions blessant sinon.
Or donc, aux cynophiles, on ne saurait trop conseiller d’échanger les insipides cadeaux (déballés sous un sapin dont le coût environnemental ferait pâlir une centrale à charbon) contre le Mon chien Stupide de John Fante, un petit livre plutôt cocasse. Et pourquoi pas dans la version collector publiée dernièrement chez 10/18 ?
John Fante ne compte certes pas parmi les plus renommés auteurs d’outre-Atlantique. A tort, cependant, car sa façon autobiographique de raconter mérite des paires d’yeux et d’oreilles attentifs. Avec un mordant tantôt burlesque tantôt tragique, franchement dégingandée comme un épisode de ces sitcoms familiales avec happening, l’écriture paraît osciller entre les nuances, ici plutôt façon Raymond Carver, là plutôt Italo Svevo.
Dans Mon chien Stupide, c’est sous les traits de Henry J. Molise, scénariste hollywoodien raté et fauché, que l’auteur se représente, lequel est, avec une épouse dépressive, flanqué de quatre gosses quasi adultes pas capables de grand’chose… Années 1970, tout va à vau-l’eau.
La découverte d’une énorme bête poilue, par un soir de tempête, complétera le désordre de ce foyer déjà vacillant. Le chien, vraisemblable et inattendu croisement, a choisi la maison de Point Dume sans qu’on devine trop pourquoi et ne semble pas prêt de s’en laisser déloger. Le foyer est sens dessus-dessous, les caractères tirent à hue et à dia : colères, refus, vengeances, trahisons, détermination… Stupide – baptisé ainsi par le petit dernier – a bouleversé les équilibres, mis en exergue les défauts et les qualités des uns et des autres, donné un sacré coup de patte dans la fourmilière léthargique.
Comble du comble, il se taille une réputation singulière : combats entre chiens ou jambe d’homme, Stupide manifeste par un comportement limpide un goût prononcé pour les mâles. Un chien homosexuel… Selon les représentations naïves que les humains alentour croient décrypter. Pas vraiment un titre de gloire pour les membres de la famille qui prennent Stupide en grippe et font assaut d’arguments pour se débarrasser du chien. Mais c’est bien sûr sans compter sur la résurgence des souvenirs et l’inertie de l’animal…

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Une réflexion sur “Un chien en pochette-surprise

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